CROSSES A TROU DE POUCE : A LA RECHERCHE DU TIR PARFAIT
16 avril 2026

BROWNING BAR

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La Browning BAR, une légende...


C’est Bruce Browning, le petit-fils de John Browning, qui a mis au point, en collaboration avec l'équipe du bureau d'étude de la FN (dirigée par Marcel Olinger), une carabine semi-automatique de chasse moderne, fiable et populaire. Lancé en 1966, le projet initial portait le nom banal de... « Carabine modèle 66 ».

Pour des raisons de marketing, son nom de baptême reprit celui d'un ancien modèle militaire : le fusil-mitrailleur B.A.R. (Browning Automatic Rifle, mod. 1918). Bien qu'utilisant un système similaire d'emprunt de gaz et de verrou rotatif, la qualifier d'arme automatique n'était pas justifié puisqu'elle ne tire pas en rafale; en effet, avec une arme semi-automatique, il convient de relâcher la queue de détente entre chaque coup. Cette nouvelle carabine était une combinaison novatrice associant des solutions déjà connues et largement éprouvées (dans le domaine militaire).



Le résultat était bluffant : une arme semi-automatique destinée à la chasse aux grands gibiers, légère et fiable, qui ne sacrifiait rien à la rigidité (gage de précision) ou à la longévité (son mécanisme supportait sans problème les hautes pressions des calibres magnum). En outre, un système d'emprunt des gaz a l'avantage de réduire sensiblement la sensation du recul. Depuis 1967, 55 ans, la Browning BAR est produite sans discontinuer. Elle est fabriquée en Belgique et assemblée au Portugal.

Proposée dans une grande variété de calibres, elle est devenue une référence incontournable.

De la MK1 à la MK3 : trois générations de Browning BAR. Depuis cinq décennies, les ingénieurs de chez Browning font évoluer la BAR. Les modèles fabriqués avant 1976 sont appelés BAR MK1 (type 1). Ceux produits entre 1976 et 1992 sont appelés BAR MK1 (type 2), ces deux déclinaisons de la MK1 sont techniquement très proches. En 1993, la version Mark Il est lancée. Pour la petite histoire, à la racine du projet Bar MKII, il y avait l'idée de reprendre, dans une version civile, les atouts du modèle militaire FN FAL, une arme réputée pour sa fiabilité. Pour une série de tests, une première version, légèrement modifiée, a été chambrée en calibre 308 Winchester. Finalement, ce prototype n'a jamais été lancé en grande production. La BAR MK2, qui voit le jour est sensiblement différente de son aînée, la BAR MK1, et du FN FAL. Par rapport à la MK1, le boîtier et le maintien de la crosse ont été renforcés. Le cylindre à gaz a été redessiné pour permettre le réglage par vis de la prise des gaz. Un arrêtoir de culasse manuel a été rajouté. Un système de masse flottante en tête de glissière est apparu ; il est destiné à améliorer la régularité de fonctionnement.

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Browning, 60 ans d'histoire


1967 : la première « BAR » sort des ateliers de production de la FN. 1976 : l'assemblage est transféré vers la filiale Browning de Viana au Portugal. La carabine prend le nom de « BAR Mk |». 1994 : la BAR Mk2 voit le jour.

Les évolutions sont nombreuses et importantes : renforcement du boîtier et du maintien de la crosse ; révision du cylindre à gaz afin de permettre un réglage par vis de la prise de gaz (permettant une meilleure adaptation du mécanisme de répétition au calibre utilisé); ajout d'un arrêtoir de culasse manuel ; ajout d'un système de masse flottante en tête de glissière pour améliorer la cinématique du fonctionnement de la culasse ; introduction du système B.O.S.S (Ballistic Optimizing Shooting System) permettant un ajustement rapide de la carabine à une munition donnée.

1998 : introduction de la « BAR Light » avec une carcasse en alliage d'aluminium pour l'alléger. 2003 : apparition des modèles « BAR Short Trac/Long Trac ». La ShortTrac est la première carabine semi-auto spécialement développée pour le tir des nouveaux calibres WSM (Winchester Short Magnum). La Long Trac reprend le même design, mais elle est chambrée pour le tir des calibres conventionnels. Ces nouveaux modèles disposent également d'une série d'intercalaires de crosse pour modifier la pente et l'avantage. Nouveaux organes de visée, variante de crosse et de garde main en matériau composite.

Puis, ce fut l'introduction du système B.O.S.S. (Ballistic Optimizing Shooting System). Ce dispositif intègre un frein de bouche pour diminuer le recul d'une carabine tout en améliorant sa précision en harmonisant les vibrations du canon avec une munition particulière. Il permet un ajustement rapide de la carabine à une munition donnée. Quatre ans plus tard, en 1998 une déclinaison légère est lancée, sa carcasse light est en alliage. En 2002, Browning et Winchester s'associent pour le développement des calibres WSM (Winchester Short Magnum) qui ont la puissance et la précision des calibres magnum classiques dans une cartouche de dimensions réduites. En 2003, Browning lance une déclinaison de la BAR appelée Short Trac. C'est la première carabine semi-automatique du marché développée spécifiquement pour tirer des calibres WSM. Les dimensions réduites des cartouches WSM ont permis de créer une arme plus compacte, légère mais dont les munitions affichent des performances magnum.

2015 marque un nouveau départ pour la célèbre carabine semi-automatique de Browning ! Les ingénieurs ont retravaillé les points forts de la BAR mais aussi corrigé certaines faiblesses. Les lignes sont plus modernes, plus fines, la tenue en main est ferme et la montée à l'épaule naturelle et rapide. Les améliorations techniques sont nombreuses : une nouvelle crosse, un garde-main inédit, un canon différent, un guidon entièrement réglable et l'apparition d'un système de détente plus précis, le Super Feather Trigger... L'aventure continue, rendez-vous dans dix ans !



Un grand succès populaire. Depuis le milieu des années soixante-dix, la Browning BAR est omniprésente sur nos territoires de chasse. A l'heure actuelle, Browning commercialise une quinzaine de modèles BAR (MKIl et MK3). Sur le terrain, certaines journées, il est plus rapide de compter les autres marques de carabines que les BAR ! Cette carabine semi-automatique a une ligne reconnaissable au premier coup d'œil. Elle a un certain air de famille avec le fameux fusil semi-automatique Auto-5 de la marque. Il est facile d'identifier cette ligne « carrée » et la petite « bosse » de la BAR. Cette forme de carcasse offre une ligne de visée longue et dégagée qui permet une acquisition naturelle de la cible. On ne peut pas la qualifier de « belle », mais il faut admettre qu'en matière d'arme « automatique » elle constitue une référence. Dans les premières versions du modèle, la capacité des chargeurs n'était pas limitée à deux cartouches, il était possible d'introduire quatre cartouches dans le magasin (plus une dans la chambre). Le chasseur disposait ainsi de cinq tirs consécutifs sans réapprovisionner !



Certains avaient plusieurs chargeurs garnis dans les poches et enchaînaient des séries de tirs (et tant pis pour l'éthique de chasse). Quant à la solidité et la fiabilité de la BAR..., 'ai eu l'occasion de manipuler, à l'armurerie Macaire à Romans-sur-Isère, un modèle qui avait tiré 14 000 coups ! Son mécanisme fonctionnait toujours parfaitement. Cette longévité est l'une des raisons du succès indiscutable de la carabine BAR. Un mécanisme fiable... à condition de bien l'entretenir ! Lorsque la carabine est bien entretenue, la fiabilité du mécanisme de la BAR MK1 fait référence. La culasse est mue par un système d'emprunt de gaz et par un long ressort récupérateur. Elle présente une tête rotative dont les tenons se verrouillent directement dans le canon et non dans le boîtier. Cette disposition optimise la précision. Une sécurité bloquant le chien interdit toute percussion avant la fermeture totale de la culasse.

Lorsque l'arme est vide, la culasse se bloque en position arrière. Une manette située à l'avant droit du boîtier permet, en l'abaissant, de refermer la culasse. La BAR fonctionne par un système d'emprunt de gaz en un point du canon. Elle nécessite donc un entretien régulier pour limiter les incidents de tir. Le nettoyage du canon s'effectue depuis la bouche du canon. La baguette doit être plastifiée afin d'éviter d'endommager les sorties de rayures, déterminantes dans la précision de l'arme. Avant un stockage d'intersaison, prenez bien soin de ne huiler ni le canon ni la chambre avant de vous être assuré qu'aucun résidu de poudre n'est resté dans la chambre. Ce mélange résidus/graisse est la cause de la majorité des incidents de tir qui peuvent aller jusqu'au colmatage d'une douille dans la chambre. En période de chasse, l'entretien courant doit être réalisé à sec, sans huile, sauf une goutte sur les pièces en mouvement. À chaque génération, Browning renforce les points forts de la BAR et corrige certaines faiblesses. De la MK1 à la MK3, les lignes sont plus tendues, plus modernes, la prise en main facilitée. Grâce au retour d'expériences, les améliorations techniques sont nombreuses. La Browning BAR fait désormais partie de la petite histoire de la chasse en battue en France.